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Ce roman prend racine dans une période de l’histoire contemporaine chinoise que l’on préfère souvent contourner plutôt que regarder en face. Après la fin des guerres, alors que la paix semblait enfin possible, la société demeurait profondément fragile. Les liens de confiance, déjà ébranlés par des années de violence et de bouleversements, ne se sont pas reconstruits d’un seul geste. Au contraire, sous l’influence de forces multiples, visibles ou invisibles, la suspicion s’est installée au cœur même des relations humaines.

Dans ce climat incertain, la méfiance est devenue une habitude, parfois même une norme. Les individus, poussés par la peur ou par nécessité, ont pu se blesser les uns les autres, parfois sans en mesurer pleinement les conséquences. Ce n’était pas seulement une époque de tensions politiques ; c’était aussi un moment où les repères moraux vacillaient, où chacun devait redéfinir, souvent seul, ce qu’il était encore possible de faire, de dire, ou de protéger.

Et pourtant, ce serait une erreur de ne voir dans cette période qu’un enchaînement de violences et de ruptures. Même au cœur de la confusion, il existait des gestes discrets, presque invisibles, par lesquels certains tentaient de réparer ce qui pouvait l’être. Dans la boue la plus épaisse, il arrive que se cachent des fragments d’or. Des hommes et des femmes ont choisi, malgré les risques, de préserver des vies, de protéger les plus vulnérables, de maintenir une forme de dignité là où tout semblait la nier.

Avec le temps, un autre mouvement s’est amorcé. À mesure que la société cherchait à retrouver une forme de stabilité, la confiance, lentement, a commencé à renaître. Ce processus n’était ni linéaire ni sans coût. Il impliquait des compromis, des silences, parfois des renoncements. Mais il ouvrait aussi la voie à un élargissement des horizons. Les individus recommençaient à explorer, à apprendre, à penser au-delà des limites imposées par les années précédentes.

Ce roman ne prétend pas restituer une vérité historique exhaustive. Il s’inscrit plutôt dans cet espace fragile où la mémoire individuelle rencontre l’histoire collective. Il cherche à saisir ce moment de bascule où, après avoir connu la fragmentation, certains ont tenté de reconstruire — non pas un monde idéal, mais un espace habitable, où l’on puisse encore croire aux liens, à la responsabilité, et à la possibilité de ne pas se disperser.


 

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