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Deux papillons dans la poussière: Une œuvre en cours d’écriture
Un ancien peintre, âgé d’une quarantaine d’années, a effacé son passé.
Après avoir détruit toutes ses œuvres, il ne se considère plus comme un artiste. Il travaille désormais comme “inspecteur de l’extinction des plantes” — une fonction non officielle, sans uniforme, qui le place à la frontière discrète entre surveillance écologique et systèmes invisibles de contrôle.
Il ne porte pas d’uniforme.
Mais il en a intégré la logique.
Il y a des années, sa femme est morte brutalement, possiblement à cause d’une allergie grave aux champignons. Depuis, sa fille a cessé de parler.
Cette même année, il a détruit toutes ses peintures.
Certaines pertes sont nettes. D’autres réorganisent tout ce qui vient après.
Récemment, il commence à remarquer quelque chose d’inquiétant.
Sa fille de dix-sept ans et le garçon du voisin adoptent des comportements secrets, coordonnés, soigneusement dissimulés.
Convaincu d’agir pour la protéger, il utilise sa position pour accéder à certaines ressources et commence à les observer discrètement.
Ce qu’il découvre n’a rien de criminel.
C’est autre chose.
Les enfants protègent la vie.
Un petit champignon.
Deux chenilles.
Des êtres fragiles qu’ils traitent comme si leur existence avait plus de valeur que tout le reste.
Et ce faisant, ils commencent à comprendre qu’eux-mêmes sont observés.
Un jeu silencieux d’observation s’installe.
Le père et les enfants se déplacent comme deux systèmes opposés—chacun persuadé d’avoir raison, chacun devenant progressivement incapable de comprendre l’autre.
Mais ce n’est pas seulement une histoire de surveillance.
C’est une histoire de mémoire accumulée.
Le garçon du voisin confronte finalement le père avec une accusation ancrée dans le passé—un épisode impliquant le remplacement forcé des fleurs d’une vieille dame par des plantes artificielles robotiques, un acte qui aurait contribué à sa mort.
La fille, silencieuse depuis des années, se met soudain à parler en français québécois courant.
Elle ne le nomme plus comme un père, mais comme une source de peur.
Un cauchemar qui a appris à parler doucement.
Elle reconnaît la complexité de l’amour, mais aussi sa déformation—comment le soin peut devenir contrôle, et comment la protection peut lentement remplacer la liberté.
Lorsque la tension atteint son point de rupture, le système entre eux se fissure.
Pas par la violence.
Mais par la reconnaissance.
Dans les derniers instants, les enfants enterrent ce qui reste des champignons abîmés et des chenilles qui ont déjà achevé leur transformation en papillons avant de mourir.
Ils les déposent dans la terre et construisent une petite pierre commémorative faite à la main.
Un rituel de clôture—à la fois écologique, enfantin, et symbolique sans jamais être entièrement explicable.
Simplement nécessaire.
Après leur départ, le père reste seul.
Il traverse la terre remuée, observant ce qui a été révélé et ce qui a été enfoui.
Il soulève lentement une pelle de sapeur.
Non comme un simple outil de destruction, mais comme un instrument de décision dans un monde où comprendre n’est plus neutre.
Notes sur l’œuvre (en cours d’écriture)
Deux papillons dans la poussière est actuellement en développement.
Le récit n’est pas terminé. Il est encore en cours d’écriture, de révision et de transformation.
Il explore la responsabilité écologique, la mémoire familiale, la surveillance, et la frontière floue entre protection et violence.
Au cœur du récit se trouve une question simple mais non résolue :
Que signifie agir pour le bien de quelqu’un, lorsque chaque acte de protection a aussi le pouvoir de modifier ce qu’il prétend sauver ?
Et que reste-t-il, lorsque la certitude n’est plus disponible ?
