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Sur l’Everest, les chevaux paissent.Au Sahara, les marchés se pressent.

  • George Chen
  • 2 days ago
  • 2 min read

Il était trois heures du matin lorsque je me suis réveillé.


Je ne me suis pas réveillé à cause d'un bruit, ni à cause d'un cauchemar.


C'est une fleur qui m'a réveillé.


Une fleur sauvage apparue dans un rêve.


Je ne l'avais jamais vue auparavant. Je ne l'avais jamais imaginée. Pourtant, dans le rêve, elle semblait exister depuis toujours. Elle était là, au milieu d'une lumière étrange, avec une présence si évidente que je ne me suis même pas demandé de quelle espèce il s'agissait.


Lorsqu'elle s'est tournée vers moi, elle m'a simplement dit son nom :


Flovie.


Puis je me suis réveillé.


Trois heures du matin.


Le silence remplissait la maison. Montréal dormait encore. Mais ce nom continuait à résonner dans ma tête.


Flovie.


Je savais déjà qu'il serait impossible de me rendormir.


Alors j'ai pris un carnet.


Je n'avais pas l'intention d'écrire un poème. En réalité, je n'écris presque jamais de poésie.


Je voulais seulement noter ce nom avant qu'il ne disparaisse avec le reste du rêve.


Mais les mots ont commencé à arriver.


D'abord quelques images.


Des feuilles mortes enfouies.


De la neige et de la boue entassées.


Puis des durées impossibles à mesurer.


Dix mille ans.


Un milliard d'années.


Des arbres gigantesques qui refusent encore de devenir cendre.


Ensuite, le monde lui-même s'est mis à changer.


L'Everest est devenu un pâturage.


Le Sahara s'est rempli de marchés.


Les montagnes, les déserts, les mers, tout semblait se déplacer lentement dans le temps.


Et au milieu de ces transformations, un seul nom demeurait :


Flovie.


Je ne sais toujours pas ce qu'est Flovie.


Une fleur ?


Un souvenir ?


Une personne oubliée ?


Ou simplement un mot apparu par hasard dans un rêve ?


Je n'en sais rien.


Je sais seulement qu'avant l'aube, quelques lignes étaient nées :


« Feuilles ensevelies,neige et boue entassées,dix mille ans sans écouter le vent du printemps.


Les mûriers se dessèchent,les mers reviennent,les arbres d’un milliard d’années refusent la cendre.


Sur l’Everest, les chevaux paissent.Au Sahara, les marchés se pressent.


La douceur de la cire s’est éteinte,l’ambre commence à s’user.


Flovie... »


Je ne prétends pas avoir écrit un poème.


J'ai simplement suivi une fleur sortie d'un rêve jusqu'à l'aube.

 
 
 

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Le temps file. Notre travail, c’est d’aider à retenir les instants qui comptent

Certains souvenirs s’effacent, mais entre de bonnes mains, ils retrouvent toujours la lumière. 

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