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Un petit ventilateur, une petite boutique… et une petite utopie

  • George Chen
  • 4 days ago
  • 2 min read

La chaleur est revenue à Montréal.


Vague après vague.


Depuis quelques semaines, je remarque un petit détail dans ma boutique, ACCO PHOTO.

Beaucoup de jeunes parents qui viennent faire la toute première photo de passeport de leur bébé arrivent avec un petit ventilateur portatif.


Les bébés n'ont parfois qu'un mois.


Par ces journées étouffantes, ce petit objet est devenu presque indispensable.


Il y a quelques jours, trois générations d'une même famille sont entrées dans ma boutique.


Une grand-mère.


Une jeune maman.


Et un bébé d'à peine un mois.


Nous avons pris la photo sans difficulté.


Puis, au moment de repartir, ils se sont aperçus que le ventilateur n'avait plus de batterie.


Dehors, la chaleur était accablante.


Alors la grand-mère est restée tranquillement dans ma boutique climatisée avec le bébé, pendant que la maman retournait chez elle chercher un autre ventilateur.


Rien d'extraordinaire ne s'est produit.


Personne ne s'est impatienté.


Pendant quelques minutes, ma petite boutique est simplement devenue un endroit où l'on pouvait attendre au frais.


Puis la maman est revenue.


Le bébé avait de nouveau son petit ventilateur.


Et les trois générations sont reparties ensemble.


En les regardant s'éloigner, je me suis dit que cette histoire ne parlait pas vraiment d'un ventilateur.


Elle parlait de confiance.


De patience.


Et de ces petits gestes de bienveillance qui rendent une journée un peu plus douce.


Parfois, je me demande quel rôle jouent encore les petites boutiques de quartier.


Nous imprimons des photos.


Des passeports.


Des affiches de mariage.


Des toiles.


Des albums de famille.


Mais peut-être faisons-nous aussi autre chose.


Nous offrons un endroit où l'on peut s'arrêter quelques minutes.


Où l'on peut attendre sans se sentir de trop.


Où la vie ralentit suffisamment pour laisser exister de petits gestes de solidarité.


Il y a quelque chose d'un peu utopique dans ces instants.


Non pas parce que le monde est parfait.


Mais parce que, pendant quelques minutes, des personnes prennent naturellement soin les unes des autres.


Ce qui est amusant, c'est qu'il n'existe aucune imprimerie de quartier dans mon roman Nonimportantech.


À sa place, on trouve une petite épicerie où les habitants se rencontrent, discutent et construisent peu à peu une communauté.


Longtemps, je me suis demandé pourquoi je n'avais jamais écrit une boutique comme la mienne.


Aujourd'hui, je crois avoir trouvé la réponse.


Ma petite imprimerie est peut-être simplement trop discrète.


Elle préfère rester au coin de la rue.


Pendant ce temps, Nonimportantech accomplit silencieusement le même travail.


Comme une imprimerie préserve les photographies, un roman préserve les vies.

Non pas en arrêtant le temps.


Mais en empêchant les histoires humaines de disparaître.

 
 
 

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Le temps file. Notre travail, c’est d’aider à retenir les instants qui comptent

Certains souvenirs s’effacent, mais entre de bonnes mains, ils retrouvent toujours la lumière. 

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