Le champ de pierres de Nonimportantech : un peu comme Avatar... mais profondément humain

En relisant certaines scènes de Nonimportantech, une question m'est venue à l'esprit :
Et si le champ de pierres était, d'une certaine manière, mon « Pandora » ?
Je ne parle pas des montagnes flottantes, des créatures fantastiques ou des forêts lumineuses d'Avatar. Ce n'est pas cela qui m'intéresse.
Ce qui me fascine, c'est le rôle qu'un lieu peut jouer dans une histoire.
Dans beaucoup de romans, un paysage n'est qu'un décor.
Dans Avatar, Pandora devient un personnage à part entière. La forêt influence les êtres qui la traversent. Elle transforme leur manière de voir le monde.
En relisant Nonimportantech, je me suis aperçu que le champ de pierres joue un rôle similaire.
Ce n'est pas simplement un endroit où les personnages font de l'escalade.
C'est un lieu où ils changent.
Joe et Zoa y passent des journées entières avant de décider de construire leur avenir ensemble.
Sealage semble y retrouver une liberté que le reste du monde lui refuse.
D'autres personnages y découvrent leur courage, leur confiance ou une nouvelle manière de regarder les autres.
Le champ de pierres n'est donc pas un décor.
Il participe à leur transformation.
Mais, contrairement à Pandora, rien n'y est surnaturel.
Aucune magie.
Aucune créature extraordinaire.
Seulement des rochers, le vent, la pluie, la lumière, les saisons... et des êtres humains.
C'est précisément cette simplicité qui m'intéresse.
Je crois que les lieux les plus puissants en littérature n'ont pas besoin d'être imaginaires.
Ils existent déjà.
Nous passons parfois devant eux sans les remarquer.
Puis, un jour, ils deviennent le théâtre silencieux d'une décision, d'une rencontre, d'un amour ou d'un adieu.
À partir de ce moment-là, ils cessent d'être un simple paysage.
Ils deviennent une partie de notre histoire.
Si Nonimportantech devait un jour être adapté en film, je n'essaierais jamais de recréer l'univers spectaculaire d'Avatar.
Au contraire.
Je voudrais que le champ de pierres reste profondément canadien, profondément réel.
Un paysage façonné par les glaciers, baigné par la lumière du Québec, où les personnages paraissent minuscules face à l'immensité des rochers.
Car la véritable aventure de Nonimportantech ne consiste pas à découvrir un nouveau monde.
Elle consiste à revenir dans le nôtre avec un regard différent.
Peut-être est-ce là la plus grande différence entre Avatar et Nonimportantech.
Dans Avatar, le monde extraordinaire transforme les personnages.
Dans Nonimportantech, c'est un lieu parfaitement ordinaire qui révèle peu à peu ce que les personnages avaient d'extraordinaire en eux.







Comments