Parfois, un livre trouve son lecteur
- George Chen
- Jul 1
- 2 min read

Aujourd'hui, il s'est passé quelque chose de discret, mais qui m'a profondément touché, dans ma petite boutique d'impression.
Un professeur de droit de l'Université de Montréal est venu imprimer un important dossier de documents destinés à une démarche d'immigration. En le voyant vérifier chaque page avec autant de soin, j'ai compris qu'il traversait probablement une étape importante de sa vie.
Pendant que les documents s'imprimaient, son regard s'est posé sur un exemplaire de mon roman Les Lignes de l’Amitié : Chroniques d’un enfant, de la solitude à la confiance (Les Mondes de Papier).
Il l'a pris en main.
Au début, il a simplement feuilleté quelques pages.
Puis il a souri.
Après avoir lu plusieurs passages, il m'a dit quelque chose que je n'oublierai pas.
Selon lui, en tant que francophone, il remarquait que certaines phrases n'étaient pas tout à fait idiomatiques. Certaines tournures lui semblaient inhabituelles. Il a notamment cité une phrase comme « William resta figé… ».
Puis il a ajouté, avec un sourire :
« Ce n'est pas toujours un français très idiomatique… mais il y a une vraie poésie dans cette écriture. »
J'ai beaucoup apprécié cette remarque.
J'ai appris le français à l'âge adulte. Je sais bien que mon écriture ne ressemblera jamais exactement à celle d'un romancier ayant grandi dans cette langue. Chaque livre me fait progresser, mais je sais aussi qu'une voix d'auteur ne se résume pas à une recherche de perfection.
Ce qui m'a le plus surpris est arrivé ensuite.
Il a acheté le livre.
Ce geste comptait encore davantage que le compliment.
Il me disait qu'au-delà des imperfections de langue, l'histoire, elle, avait trouvé son chemin jusqu'à lui.
Avant de partir, notre conversation a naturellement dérivé vers l'édition.
Il m'a expliqué qu'il envisageait de publier prochainement un ouvrage universitaire grâce à Amazon KDP et m'a demandé combien coûtait une telle publication.
Je lui ai répondu en souriant :
« Publier sur Amazon est gratuit. Les seuls frais sont ceux des exemplaires d'auteur, si vous souhaitez en commander, et ils restent très abordables. »
Il semblait agréablement surpris.
Il m'a même dit qu'il aurait peut-être besoin de mon aide lorsque son projet avancerait.
J'ai trouvé cela amusant.
La vie crée parfois des liens de manière inattendue.
Ce matin, il était venu pour imprimer des documents d'immigration.
Quelques minutes plus tard, nous parlions d'écriture, d'édition indépendante et de livres.
C'est exactement ce que j'aime dans cette petite boutique de quartier.
Les gens viennent pour des photos d'identité, des affiches, des cartes professionnelles, des documents administratifs ou des souvenirs de famille…
Et parfois, sans l'avoir prévu, ils repartent avec une histoire.
Ou avec une idée.
Ou peut-être avec le début de leur propre livre.







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