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Quand une erreur de prononciation devient une idée

  • George Chen
  • Jun 15
  • 2 min read

Hier, en enregistrant une courte vidéo, j’ai commis une petite erreur.


Je voulais dire le titre de mon livre : Les Pliures du Monde.


Mais ma langue a trébuché.


J’ai prononcé :

Les Peliures du Monde.


Une seule lettre de différence.


Sur le moment, j’ai souri. Je me suis corrigé. Puis j’ai continué.


Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là.


Pendant le reste de la journée, ce faux mot a continué à me suivre.


Parce qu’en français, même s’il n’existe pas vraiment, il évoque immédiatement quelque chose. Une peau. Une écorce. Une couche extérieure que l’on peut retirer pour découvrir ce qui se cache dessous.


Et soudain, je me suis rendu compte que mon erreur ouvrait une autre porte.


Les pliures parlent de ce qui est caché dans la matière. Les plis invisibles qui traversent les choses, les vies et les histoires.


Les peliures, elles, parlent de la surface. De ce que l’on voit d’abord. De ce qui protège, mais aussi de ce qui peut se détacher.


Peut-être que le monde est les deux à la fois.


Un monde rempli de plis intérieurs.


Et un monde recouvert de couches successives.


Cette réflexion m’a conduit à revisiter la couverture du livre.


Depuis plusieurs jours, j’imaginais une jeune fille en rouge debout sur une feuille de papier flottant au-dessus d’une ville. Une seule feuille. Une seule frontière entre l’imaginaire et le réel.


Puis est apparue une autre image : plusieurs pages emportées par le vent. Comme si le livre lui-même était en train de se déplier dans le ciel.


Laquelle est la bonne ?


Je ne le sais pas encore.


La première parle davantage du silence et de la fragilité.


La seconde évoque davantage les couches du monde, ses peaux successives, ses pages qui se détachent.


Et tout cela est né d’une simple erreur de prononciation.


C’est peut-être ce que j’aime le plus dans l’écriture.


Les meilleures idées ne viennent pas toujours lorsqu’on cherche à être intelligent.


Elles apparaissent parfois lorsqu’on se trompe.


Une phrase dérape.


Un mot se transforme.


Une image surgit.


Et soudain, un nouveau chemin s’ouvre devant nous.


Comme quoi, même les erreurs ont parfois leur propre imagination.

 
 
 

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Certains souvenirs s’effacent, mais entre de bonnes mains, ils retrouvent toujours la lumière. 

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